hamac

Un conte de fée Balinais (Interview d’Olivier 1/2)

Quand un Français, fabricant de porte-hamacs, rencontre une Balinaise fabricante de hamacs, l’histoire est forcement belle…


Olivier est un nomade dans l’âme. Après de nombreux voyages il s’est fixé quelques années a Bali avec sa femme Dian. Et ils ont monté ensemble un business de hamac florissant.
Une histoire hors du commun qui m’a donné envie de l’interviewer.


Peux-tu te présenter en quelques mots ?
O. : Je suis olivier, j’ai 49 ans, je suis marié à une indonesienne depuis 11 ans , nous avons deux enfants de 5 et 10 ans

En quelle année es-tu parti de la France ?
O. : En fait j’ai quitté la france plusieurs fois …
Pour le senegal 1986, où j’ai monté une societe d’export de poisson a M’bour.
Puis en Angleterre où j’ai monté une crêperie ambulante a Londres.
Puis en Thaïlande où j’ai cherché ma voie … En 1993.
Plusieurs années d’A/R entre France, Indonésie et Thaïlande. Avec des sacs remplis pour faire du commerce et faire vivre mes voyages.
J’ai ensuite rencontré ma femme avec qui j’ai commencé les hamacs.

 [quote]Plusieurs années d’A/R entre France, Indonésie et Thailande. Avec des sacs remplis pour faire du commerce et faire vivre mes voyages[/quote]
 

C’est un parcours incroyable. Pourquoi ce mode de vie nomade ?
O. : Hmmm bonne question … je ne sais pas en fait … par envie … J’ai toujours fait ce que j’aime.
Je n’aime pas les contraintes.
La france etait trop cadrée et trop securisée.

Olivier Guillou Hammock Nomad's land

Olivier Guillou



Et tu aimes voyager ?
O. : Moins maintenant …. Je crois que j’ai eu ma dose.
Et mes enfants m’obligent à plus de stabilité
Je découvre une autre manière de vivre plus sédentaire et finalement plaisante.
L’important c’est de se sentir bien dans ce que l’on fait.

 

L’histoire de Hammock

 

Aujourd’hui vous vivez de votre business « Hammock, nomad’s land ». Peux-tu nous raconter l’histoire de ce business ?
O. : C’est en observant les traditions Thaïlandaise de bercer les enfants sur des sacs de riz en toile, tendus entre deux arbres ou poteaux avec des cordes que l’idée a commencée a germer.
Et lorsque j’ai rencontré ma femme elle vendait des hamacs a bali. On va dire « sous le manteau » car elle n’avait pas de magasin. Et moi je fabriquais des portes hamacs en bois très lourd et tout sculptés.

Vous étiez fait pour vous rencontrer !
O. : Nous nous sommes rencontres dans un restaurant où elle accompagnait des amis a moi.
Mais je repartais en france quelques jours plus tard.
A mon retour, 2 mois apres, je savais qu’il fallait que je la revoie.
Je l’ai cherchée et elle avait monté une petite boutique de ses hamacs dans la montagne. A Ubud justement
Elle gérait assez mal les finances et avait déjà fait des dettes …
Moi j’avais un tout petit peu d’argent pour subsister l’hiver …
Alors j’ai préféré ré-achalander son magasin plutôt que de payer ses dettes.

 [quote]A mon retour, 2 mois apres, je savais qu’il fallait que je la revoie[/quote]
 

Dian

Dian

Vous avez mis vos compétences en commun ?
O. : Oui nous avons mis nos compétences en commun c’est cela.
Elle vendait des hamacs mais aussi pleins d’autres choses mis en depôts par ses amis… la boutique avait un peu perdu le sens qu’elle voulait lui donner.
Alors nous sommes partis a java en bus pour chercher de nouveaux produits. Mais nous nous sommes fait voler notre argent pendant notre sommeil et nous n’avions plus rien à notre arrivée ….

Wahoo, dur !
O. : Oui parce que j’avais aussi mes visas à payer, mes sortis du pays … et là plus rien …

Comment avez vous remonté la pente ?
O. : Nous sommes revenus a Bali et avons pris une chambre moins cher ….
Nous n’étions curieusement pas inquiets du tout …
On s’était même dit que celui qui nous les avait pris devait en avoir plus besoin que nous… :)

:)
O. : Nous avions encore la boutique avec un loyer payé pour deux ans … on allait s’en occuper et nous verrions bien ensuite…
Mais le sort nous a bien aidé.

[quote]Le soir même nous sommes allés acheter des bonbons et nous en avons distribué à tous les enfants du village[/quote]



Comment ?
O. : Dans la nouvelle chambre, Dian a voulu déplacer un tableau…Je l’ai decroché du mur ….
Et derriere nous avons trouvé une liasse de billets de banque.
A peu près la moitie de ce que nous avions perdus.
Le soir même nous sommes allés acheter des bonbons et nous en avons distribué à tous les enfants du village.

:D
O. : Et dès le lendemain je me suis mis au travail et j’ai dessiné un logo pour le magasin. Nous avions décidé de le spécialiser dans les hamacs. Comme c’était prévu au debut..
Je suis allé acheter de la peinture je l’ai peint sur les murs du magasin.

 [quote]Il falait passer des heures a palabrer pour en vendre un. Avec un benef de 1 euro parfois …[/quote]
 

C’est à ce moment là que les choses ont commencé à bien fonctionner ?
O. : Non pas de suite.
Pendant plus de 4 mois nous avons galéré …. On vendait un hamac de temps en temps…
C’était un nouveau concept et les gens regardaient encore avec méfiance.
Il falait passer des heures a palabrer pour en vendre un.
Avec un benef de 1 euro parfois …
On mangeait pour 0,5 pas grave …
Puis un jour une americaine est passée au magasin.
J’avais fait faire des cartes de visites avec une adresse mail (c’etait encore nouveau)
Elle a acheté un hamac puis elle est parti.
Quelques semaine après, elle nous ecrivait des USA et voulait en commander 100 !!!

Hammock Nomad's land hamac

Le magazin d'Ubud



 [quote]En quelque mois nous étions en haut de la vague ![/quote]
 

:)
O. : On était fou.
On a bossé jour et nuit pour lui preparer sa commande.
Nous sommes même allé se faire un restau a 20 euro pour féter ça le jour où nous avons reçu l’argent !

Vous faisiez les hamacs vous même ?
O. : Nous les faisions coudre par un ami et nous faisions le reste : cordes, crochets, pliage, etc…
Après les avoir reçu elle nous en a commandé 1,000 !!!!!!

!!
O. : Puis 1,000 chaque mois, puis 2,000 puis 3,000 et encore plus ….
En quelque mois nous étions en haut de la vague !
Notre fille venait de naître.

Ahhh les arabes ont un mot pour ça (je sais plus lequel) mais en gros ils disent que le bébé est venu avec tout ce dont il a besoin :)
O. : Un dicton javanais dit que les enfants naissent avec leur propre nourriture … :D
Héhé. Oui exactement le même :)

 [quote]Là haut c’est beau mais il n’y pas grand chose à faire pour les enfants[/quote]
 

:)
C’est une belle histoire. J’imagine que vous avez commencé à gagner votre vie confortablement ?
O. : Ben en fait il ne falait pas s’emballer non plus et nous avons d’abord investi.
Un autre magasin car le premier était petit et mal placé, puis dans des machines a coudre, un local pour fabriquer etc…
Un travail de fous quand même.

Toujours à Ubud ?
O. : Oui toujours à Ubud.
Ensuite nous sommes descendus sur kuta pour notre fille. Car là haut c’est beau mais il n’y pas grand chose à faire pour les enfants.
De plus la fabrique est à Denpasar (près de Kuta)

D’accord. Et le site web c’est venu plus tard ?
O. : Oui ensuite… je sais plus en quelle annee exactement. 2003?
Nous vendons dans le monde entier grâce à internet et aux deux boutiques.
Une sur Kuta, une sur Ubud
Cela fait maintenant presque 12 ans…
Et je crois que ce n’est pas prêt de s’arreter…

Ca fonctionne bien ?
O. : On en vit encore …
Mais nous sommes resté une petite entreprise familiale.
On pourrait etre encore plus important mais je préfère garder notre tranquilité.


La suite dans le prochain article…

hamac léger

Accéder à la boutique de hamacs d'Olivier

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17 Comments

  1. C’est fou le hasard ! Quelle coincidence quand même.

    Bon après Olivier est courageux car partir sans le sou et monter son business, il fallait le faire. Il a eu de la chance mais comme dit le proverbe la chance se provoque. Si tu restes les bras croisés tu ne risques pas d’avoir de chance.

    Content de voir que tout s’est bien fini
    Julien @ récits de voyage Articles récents..Interview d’Antoine qui parcourt le monde en auto-stopMy Profile

      1. Bonjour,

        Je suis Francais et je viens de terminer mes études.
        J’ ai pour projet de venir à Bali dans le but d’y développer une petite maison d’hôte. Cependant il est très compliqué de trouver des information concernant les démarches à faire.
        Pouvez vous me faire part des problèmes que vous avez rencontrés…

        cordialement

  2. Interview très intéressante qui confirme que pour réussir et être libre dans sa vie, il est indispensable :
    * De savoir ce qu’on veut
    * Se fixer des objectifs
    * Passer à l’action pour les réaliser
    * Accepter les erreurs et en tirer partout
    Bref avancer avec courage, conviction et enthousiasme.
    C’est ce que j’ai compris et qui me permet de vivre sous le soleil de Saint Martin en attendant de nouvelles aventures :-)
    CMariette Articles récents..Baie longueMy Profile

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